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Analyste des questions géopolitiques et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur les conflits armés en Afrique.

Joined September 2010
RDC-Russie, le temps de la cohérence ============================== Dans son allocution prononcée à l’occasion du troisième Sommet Russie-Afrique, Félix Tshisekedi a réaffirmé la volonté de la République démocratique du Congo (RDC) de diversifier ses partenariats internationaux, tout en préservant sa souveraineté et son indépendance de décision. « Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré. Je suis totalement d'accord avec le président sur ce point. Mais le problème avec lui, c’est le décalage récurrent entre les principes qu’il proclame et les décisions qu’il prend. Si la RDC tient tant à sa souveraineté, comme il l'affirme, comment expliquer que son gouvernement ait consenti aux États-Unis des droits préférentiels aussi importants sur ses ressources minières stratégiques ? C’est, en tout cas, ce qui est contenu dans l’accord de partenariat stratégique conclu avec les États-Unis. Les Congolais doivent bien le comprendre : en accordant aux investisseurs américains un droit de première offre sur certains projets miniers stratégiques, ainsi que des avantages préférentiels dans l’accès aux ressources et aux investissements, Félix Tshisekedi a accepté de placer une partie des richesses les plus convoitées de la RDC au cœur des priorités économiques et sécuritaires d’une puissance étrangère, en l’occurrence les États-Unis. Certes, la coopération internationale ne se limite pas au secteur minier, et il existe bien d’autres domaines dans lesquels la RDC peut diversifier ses partenariats. Mais l’on ne peut s’empêcher de se poser cette question à un million de francs congolais : quelle portée réelle peut avoir une politique de diversification des partenariats lorsque des droits préférentiels sur des actifs aussi essentiels à l’avenir économique et stratégique du pays ont déjà été consentis à Washington ? La Fédération de Russie, qui suit certainement de près la politique étrangère de la RDC, peut-elle se fier à un acteur capable de dire et de faire une chose et son contraire ? La diplomatie congolaise a, avant tout, besoin de cohérence.
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Certains de mes amis et connaissances étrangers me reprochent souvent d’être « dur » envers mes compatriotes congolais. Et je réponds toujours de la même manière. Dans un pays où les masses populaires sont clochardisées et paupérisées, où les antivaleurs prospèrent, où l'idiotie et la médiocrité sont souvent érigées en vertus, et où la réussite sociale dépend moins du mérite, de l'effort et de la compétence que de la capacité à marchander sa dignité, à faire preuve de servilité et à se mettre au service des puissants du moment, se conformer à la masse revient bien souvent à condamner son âme à la déchéance éternelle. Dans un tel environnement, penser et agir comme tout le monde et chercher à plaire peut s'avérer aussi dangereux que de se jeter dans une fosse aux lions. Car lorsque la médiocrité devient la norme, l'excellence une exception et la servilité un moyen privilégié d'ascension sociale, le conformisme cesse d'être une simple attitude individuelle pour devenir l'un des principaux mécanismes de reproduction de la décadence collective. Je ne le répéterai jamais assez : avant de prétendre sauver le Congo du Rwanda, il faudra d'abord le sauver de ses propres filles et fils. Aucune menace extérieure, aussi réelle soit-elle, ne saurait à elle seule expliquer les malheurs d'un pays dont les « élites » contribuent, par la corruption, la prédation, la lâcheté, le clientélisme et la compromission, à perpétuer les conditions de sa propre vulnérabilité. L'histoire enseigne qu'aucun peuple ne peut durablement imputer ses échecs à des ennemis extérieurs lorsque les causes les plus profondes de son affaiblissement se trouvent en son sein. Les nations ne sombrent pas uniquement sous les coups de leurs adversaires ; bien souvent, elles déclinent d'abord lorsque ceux qui ont la charge de les servir choisissent de les exploiter au lieu de les bâtir. La RDC est avant tout malade de ses enfants.
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Félix Tshisekedi et ses contradictions ============================= Les commentaires qui ont suivi le dernier discours de Félix Tshisekedi devant les députés de l’Union sacrée ont largement tourné autour de ses propos qualifiant Joseph Kabila de « peureux » ou affirmant qu’il n’aime pas la Constitution. Mais peu de gens ont relevé une contradiction majeure dans le récit que le pouvoir de Kinshasa entretient depuis quelques années sur le rôle de Kabila dans la rébellion du #M23. En effet, lorsqu’on écoute attentivement le dernier discours du président, une incohérence saute aux yeux. D’un côté, Félix Tshisekedi affirme s’être forgé sa propre opinion après avoir reçu des informations des services de sécurité congolais et étrangers. De l’autre, il soutient que Joseph Kabila aurait été « activé » par le Rwanda, confronté aux sanctions américaines. Paul Kagame « a donc demandé à son supplétif, qui était tapi dans l’ombre, de sortir et de prendre finalement les rênes de cette agression », affirme #Tshisekedi. Or, en avançant que #Kagame, désormais en difficulté, aurait décidé de «sortir» Kabila de l’ombre pour lui confier les commandes de la rébellion, Tshisekedi reconnaît implicitement que son prédécesseur n’en était pas jusque‑là le véritable chef. Car si Kabila dirigeait déjà le M23, pourquoi Kagame aurait‑il eu besoin de l’activer pour lui en confier la direction ? La logique même du raisonnement de Félix Tshisekedi suggère que l’entrée officielle de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (#FRN), le 12 octobre dernier, marque un changement dans la direction politique de la rébellion, et non l’officialisation d’un commandement qu’il aurait exercé depuis toujours. À suivre les propres explications du président, Kabila ne serait devenu le patron de cette coalition rebelle qu’à la faveur de la nouvelle stratégie que lui Tshisekedi prête à son ancien « frère » Kagame. Plus troublant encore, le même Tshisekedi affirme que cette stratégie viserait à « donner une connotation congolaise » à l’agression rwandaise. Or, comment expliquer que son propre régime ait accepté d’engager des négociations avec l’AFC/M23, reconnaissant ainsi ce mouvement comme interlocuteur congolais dans le processus de paix ? Si l’objectif de Kagame était de faire passer une agression extérieure pour une affaire interne congolaise (ce que je crois), que faut-il alors penser de la démarche du pouvoir congolais qui, bien avant l’entrée officielle de Kabila dans la rébellion, avait déjà accepté de négocier directement avec celle-ci ? En d’autres termes, pourquoi faudrait-il attendre l’arrivée de Kabila pour donner une coloration congolaise à une rébellion que Kinshasa avait déjà admise à la table des négociations ? Bref, le président parle trop, et à force de vouloir tout expliquer, il finit par fragiliser son propre récit, au point de dire une chose et son contraire dans un même discours.
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Les Congolais face aux deux « périls » ============================= Depuis l’annonce de la création du FRN par Joseph Kabila, plusieurs politiciens, cadres de l’administration publique et hauts gradés des FARDC ont annoncé soutenir Félix Tshisekedi. Connaissant la nature de l’homme et de la femme congolais, on peut affirmer, sans crainte d’être contredit, que l’allégeance à Tshisekedi semble davantage dictée par l’appât du gain et la peur que par une quelconque conviction intime qu’il est véritablement l’homme de la situation. Les seuls qui soutiennent inconditionnellement Félix Tshisekedi sont ses frères de tribu. Cela ne signifie évidemment pas que le président ne bénéficie d’aucun soutien sincère en dehors du Kasaï-Oriental et du Kasaï-Occidental, mais que, au-delà de ce circuit régional, l’adhésion à sa personne semble souvent relever davantage de considérations opportunistes ou de la crainte de perdre certains privilèges que d’une véritable conviction politique. En réalité, pour beaucoup de Congolais, la RDC fait face à deux «périls» incarnés par les deux présidents qui s’affrontent aujourd’hui. Pour les uns, Joseph Kabila et ses copains rwandais constituent une menace majeure. Pour les autres en revanche, c’est la montée d’un phénomène que d’aucuns qualifient, souvent à bas bruit, de « suprémacisme luba » qui suscite les inquiétudes les plus profondes. Aux yeux des Congolais qui partagent cette perception, la crainte d’une confiscation du pouvoir au-delà de 2028 par Tshisekedi et le cercle politico-ethnique gravitant autour de lui apparaît plus immédiate et plus préoccupante que la menace du FRN et de son soutien rwandais. En clair, là où les uns voient avant tout une menace extérieure venant du Rwanda contre la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays, les autres redoutent une dérive intérieure fondée sur l'ethnicisation du pouvoir et l'appropriation des institutions de l'État. Le dernier communiqué du C-64 illustre remarquablement ce double regard et la fracture qu’il révèle au sein de la société congolaise. Il ne s'agit pas nécessairement de menaces de même nature ni de même ampleur, mais de perceptions politiques qui, lorsqu'elles s'enracinent dans les consciences collectives, peuvent contribuer à fragmenter davantage une société congolaise déjà profondément divisée.
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Ne parlez pas au nom du Congo et des Congolais ! ====================================== Ceux qui soutiennent Félix Tshisekedi prétendent parler au nom de la République démocratique du Congo (RDC). De leur côté, les partisans de Joseph Kabila ne jurent, eux aussi, que par la défense des intérêts supérieurs de la nation. Mais il faut être clair : soutenir Tshisekedi ou Kabila ne signifie pas nécessairement soutenir le Congo. NON. Vous défendez d’abord des individus pour des raisons qui vous sont propres. Cela peut se comprendre. Mais, de grâce, cessez de présenter la défense des intérêts de vos leaders respectifs comme étant nécessairement celle des intérêts du Congo. Le pays de Lumumba ne peut pas devenir le prétexte derrière lequel certains se positionnent de manière opportuniste pour faire triompher leurs intérêts ainsi que ceux de leurs maîtres. Parce que nous savons comment ça marche dans ce pays, et pour beaucoup, la conviction n’y est pour rien. On défend d’abord le frère de tribu, celui qui paie bien ou qui distribue les faveurs, plutôt que celui qui incarne véritablement les valeurs et défend les intérêts du Congo, entendus dans leur acception la plus large. Sur ce terrain de la corruption des cœurs et des esprits, le régime de Kinshasa semble avoir développé un savoir-faire particulièrement redoutable. Il suffit d’observer la manière dont de nombreux jeunes Congolais, souvent confrontés au chômage et à l'absence de perspectives, sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour défendre systématiquement les positions du pouvoir. Une véritable « armée numérique » (c’est comme cela que ces pauvres gens sans avenir se définissent), constituée de comptes et de pages animés par des relais plus ou moins organisés, s'emploie à glorifier les actions du régime, à justifier ses décisions et à pourfendre les voix critiques. La loyauté au régime Tshisekedi se substitue à toute réflexion critique sur l'intérêt général. De l’autre côté du spectre, le FRN peut également compter sur les adversaires les plus résolus du régime Tshisekedi pour relayer et défendre ses positions, parfois avec la même ferveur et le même manque de recul. Au final, les intérêts bien compris de la RDC sont souvent relégués au second plan dans cette guerre de récits et d'allégeances, où chacun prétend parler au nom du peuple congolais, alors que beaucoup parlent d'abord au nom de leurs intérêts ou de ceux dont ils espèrent obtenir les faveurs. Dans un pays où la réussite sociale paraît, trop souvent, dépendre moins du mérite, de l'effort et de la compétence que de la capacité à négocier sa dignité, à faire preuve de docilité et à se mettre au service des puissants du moment, quoi de plus normal ?
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Le leucoderme tue un jeune homme noir de 26 ans et blesse grièvement quatre autres personnes dont une enfant de 12 ans. Il est détenu pour fin d’enquête, et quelque temps après, la garde à vue est levée afin qu’il soit placé en observation à l’Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police. L’avocat de la famille de la victime est surpris. Ah bon ! Mais il s’attendait à quoi ? On est en France, et certains croient encore dur comme fer que le droit s’applique de la même manière pour tout le monde dans ce pays. Le tueur serait un Arabe ou un Noir qu’on n’aurait jamais parlé de psychiatrie. On aurait immédiatement mobilisé d’autres registres en qualifiant le suspect de terroriste, de menace, etc. On aurait surtout insisté sur ses origines, pour ne pas dire sa «race». Bref. On attend d’une civilisation dont les structures sont en partie basées sur le racisme et la hiérarchie raciale (ne jamais oublier le lien quasi génétique entre certaines conceptions occidentales de la civilisation et les logiques qui ont nourri le nazisme) qu’elle traite de manière équitable ses habitants, alors que les médias et certaines structures du pouvoir politique et intellectuel en France font tous les jours comprendre qu’un Noir, un Arabe ou un Asiatique français ne sera jamais perçu comme l’égal du Blanc. En tout cas, bonne chance à celles et ceux qui se bercent d’illusions en ayant foi en « la République ».
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L’article 64 de la constitution dit que « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ». Son alinéa 2 ajoute en substance : «Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. » Question : un pouvoir qui a lui-même violé la Constitution pour accéder aux responsabilités peut-il invoquer la légalité constitutionnelle pour condamner un ancien président ou un opposant qui prend les armes contre lui ?
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On peut se faire une idée du niveau de confusion intellectuelle qui règne chez une partie des Congolais à la simple lecture des réactions accompagnant mon post. Pour une question d’une simplicité biblique, les réponses partent dans tous les sens. C’est franchement ahurissant ! On voit bien que beaucoup de nos compatriotes peinent à comprendre un texte élémentaire, encore moins à saisir qu’il s’agit d’une question et non d’une prise de position. Si l’on n’est pas capable de saisir le sens d’un post de quelques lignes, que dire alors des enjeux complexes auxquels la RDC est confrontée ? Et dire que ce sont précisément ces esprits limités qui s’essaient à la pensée et se permettent de contester des personnes infiniment plus rigoureuses qu’eux. Le niveau général laisse tellement à désirer qu’on en vient à se demander si le problème ne réside pas tout simplement dans une certaine culture de l’approximation intellectuelle qui gangrène trop souvent les débats dans la société congolaise. Certains devraient dire MERCI aux réseaux sociaux, qui leur offrent une tribune qu’ils n’auraient jamais eue ailleurs... en dehors de ces lieux où l’on pense peu.
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Joseph Kabila et la création du FRN : les trois ERREURS de Félix Tshisekedi
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On me l’avait suggéré à maintes reprises. Eh bien, c’est désormais chose faite: je viens de faire officiellement mon entrée sur TikTok en publiant ma toute première vidéo. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à la mettre en ligne, au point de devoir faire un détour par YouTube pour comprendre comment m’y prendre. En tout cas, TikTok, c’est tout un monde, c’est le moins qu’on puisse dire. Et quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes surprises 😀...
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Celui qui pratique la stratégie n’entretient pas le même rapport aux faits ni au temps que celui qui n’en maîtrise pas les subtilités. Là où beaucoup, prisonniers de l’instant et de ses émotions, réagissent dans l’urgence, le stratège inscrit sa pensée et son action dans la durée. Il observe, attend et calcule. Le temps n’est pas pour lui une contrainte, mais un instrument. Je reposte l’analyse que j’avais formulée en 2020, au moment où les premières tensions entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila commençaient à fissurer l’architecture du pouvoir congolais, sur fond d’ingérence états-unienne. À l’époque déjà, il était clair pour moi que les protagonistes ne jouaient pas sur le même registre temporel : certains s’agitaient dans le court terme, d’autres travaillaient patiemment à déplacer les lignes, à préparer l’inévitable. Aujourd’hui, l’heure de la confrontation finale a sonné. Le temps long du stratège rejoint enfin le temps court de l’événement.
Analyse faite en Novembre 2020, au moment des premières tensions entre Félix #Tshisekedi et Joseph #Kabila... sur fond d’ingérence américaine. Près de cinq ans plus tard, nous y sommes, semble-t-il...
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La seule manière pour Félix Tshisekedi de couper l’herbe sous le pied de Joseph Kabila serait d'organiser un dialogue national véritablement inclusif, bénéficiant de la bénédiction et de l’accompagnement de l’Union africaine et de la communauté internationale. Mais une telle initiative comporte des « risques » pour les deux protagonistes, qui restent liés par un « deal » dont eux seuls connaissent les termes. Que se sont-ils réellement promis ? Quels engagements ont-ils pris l’un envers l’autre ? Et quelles concessions ont-elles été consenties dans le cadre de leur arrangement ? Les révélations qui pourraient émerger d’un dialogue de ce type pourraient reconfigurer totalement le jeu politique intérieur, au risque de déstabiliser davantage le champ politique et la situation sécuritaire. Pour autant, le dialogue reste un impératif. Il constitue la seule voie susceptible de désamorcer l’escalade entre deux anciens alliés dont la confrontation, désormais ouverte, menace de plonger davantage le pays dans l’incertitude. Dans cette équation complexe, aucune solution n’est sans coût politique. Le prix du dialogue, aussi élevé puisse-t-il paraître à Félix Tshisekedi qui rêve de changer la constitution pour des raisons évidentes, restera toujours inférieur à celui d’un affrontement dont les conséquences pourraient être désastreuses pour toute la RD Congo.
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N’en déplaise à leurs partisans les plus fanatiques et à leurs relais congolais et étrangers, ce qui se joue actuellement entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi n’a pas grand-chose à voir avec les intérêts fondamentaux de la #RDC et du peuple congolais. Nous assistons plutôt à un règlement de comptes entre deux anciens alliés, désormais engagés dans une confrontation qui semble entrer dans sa phase décisive. L’un des deux devra tôt ou tard disparaître de la scène, et au regard du contexte actuel, #Kabila bénéficie d’un « léger avantage », en raison des soutiens — ou de la bienveillance — dont il semble jouir dans la région. Comme je l’ai souligné il y a quelques jours, le Kabila qui s’est exprimé publiquement vendredi dernier n’est pas seul. Et alors pas du tout. De son côté, #Tshisekedi peut toujours compter sur le soutien des États-Unis, même si Washington ne semble guère pressé de s’impliquer davantage dans le conflit. Certes, un durcissement des sanctions américaines pourrait contraindre le Rwanda et le nouveau mouvement politico-militaire à revoir leurs calculs. Mais rien n’est moins sûr. L’incertitude demeure totale. Dans tous les cas, c’est le peuple congolais qui risque de payer, une fois de plus, le prix de cette confrontation entre deux anciens alliés, qui ont chacun, à des moments différents de leur parcours, entretenu des relations avec Paul Kagame.
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Pour celles et ceux qui veulent être éclairés sur les enjeux en présence, RDV dans quelques heures chez @StanysBujakera.
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Joseph Kabila, dont la responsabilité dans le chaos politique que traverse aujourd’hui la République démocratique du Congo est considérable, n’aurait probablement jamais trouvé l’occasion de revenir sur le devant de la scène politique si la gouvernance de Félix Tshisekedi n’avait pas été marquée par des échecs aussi retentissants. Décryptage : youtube.com/watch?v=YpJHCHJV…
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Ce deuxième discours de Joseph Kabila s'inscrit dans la continuité du premier, mais avec une différence significative. Dans sa première prise de parole, Kabila s’était montré offensif tout en laissant entrevoir la possibilité d’un dialogue. Dans ce second discours, il adopte une posture de confrontation totale. Le ton reste calme, mais les sous‑entendus sur le rapport de force sont explicites. L’allusion à l’accord de Washington est, à cet égard, éloquente. En substance, Kabila dit à Félix Tshisekedi : « Tu as cédé les minerais stratégiques du Congo en espérant consolider ton pouvoir et obtenir, éventuellement, le soutien des États-Unis à ton projet de révision constitutionnelle. Mais tu commets une erreur fondamentale si tu crois que les intérêts américains se confondent avec ton avenir personnel. Les États-Unis négocient avec un État, pas avec un homme. La RDC existait avant toi et continuera d'exister après toi. De la même manière que les engagements conclus avec Washington peuvent survivre à Donald Trump, ils peuvent parfaitement survivre à Félix Tshisekedi. Tu n'es donc pas aussi indispensable que tu sembles le croire. » Ceux qui connaissent le style de Joseph Kabila savent qu'il est peu enclin aux déclarations improvisées. Longtemps surnommé le « taiseux », l’homme a cultivé une pratique du pouvoir dans laquelle le silence, l'attente et la maîtrise du calendrier politique occupent une place importante. Il serait donc imprudent de considérer ses interventions actuelles comme de simples réactions d'humeur. Ses propos sur l’accord de Washington constituent un message subliminal révélateur du mouvement tectonique qui se joue derrière les querelles politiciennes congolaises. La guerre de l’ombre est en train — si ce n’est déjà fait — de prendre sa vitesse de croisière, et les jours, semaines et mois à venir pourraient réserver des surprises inattendues. Joseph Kabila n’a pas dit son dernier mot. Félix Tshisekedi non plus. Et quoi qu’il en soit, l’issue de cette « guerre » dépendra de facteurs qui dépassent largement la volonté des deux hommes : l'évolution de la crise sécuritaire dans le Kivu, les dynamiques internes de la société congolaise, les choix des États voisins et les arbitrages des grandes puissances.
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Voici des images qui devraient inspirer les écoliers et étudiants de la République Démocratique du Congo (RDC). Elles viennent de France, pays développé et septième puissance mondiale : des lycéens qui manifestent contre des conditions d’apprentissage jugées indignes. Ils sont déterminés à faire valoir leurs droits, quitte à défier les autorités et les forces de l’ordre. En #RDC, pays pauvre profondément fragilisé, la jeunesse adopte trop souvent une posture inverse : au lieu de défendre ses droits, elle se range derrière ceux qui contribuent à l’appauvrir intellectuellement, matériellement et spirituellement — politiciens, pasteurs, artistes musiciens et autres figures qui prospèrent sur la clochardisation générale de la population. C’est tout ce qu’il reste de cette République à démocratiser où l’insolente richesse d’un petit groupe de privilégiés et de parvenus côtoie les immondices de la capitale Kinshasa assaisonnées d’une pauvreté généralisée indescriptible. Mais il ne faut rien dire. « Tout va bien au pays de Lumumba », chuchotent les politiciens et leurs garçons de course, parmi lesquels de nombreux jeunes davantage tournés vers les futilités que leur avenir. Pour beaucoup, la vie se résume à se proclamer « warrior » ou « gaulois », ou à devenir pasteur, politicien ou thuriféraire d’un politicien pourvu que celui-ci distribue quelques billets verts à ses «brebis». Plus surprenant encore : une partie de la jeunesse rdcongolaise affiche une agressivité incompréhensible envers ceux qui défendent pourtant ses droits. Critiquer les politiciens ou le pouvoir expose à la fureur de jeunes qui, pour la plupart, vivent dans une précarité extrême. Ils sont nombreux sur les réseaux sociaux à s’attaquer inutilement à des personnes qui ne leur veulent aucun mal, alors qu’eux‑mêmes vivent dans des conditions insoutenables et mangent moins bien qu’un chien au Canada. Même Félix Tshisekedi en est surpris. « Je ne comprends pas pourquoi des gens meurtris, affamés, frappés par le chômage et toutes sortes de calamités chantent à notre gloire alors qu’ils devraient nous exiger davantage, comme c’est le cas en Occident », déclara‑t‑il. Démagogie ou non, il a parfaitement raison. C’est à peine croyable ! La raison et l’esprit critique semblent avoir déserté une frange importante de cette génération, devenue, souvent sans en avoir conscience, un facteur de vulnérabilité pour l’avenir d’une RDC entrée depuis quelque temps dans une phase d’autodestruction accélérée.
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Pour saisir la posture diplomatique acrobatique de l’administration Trump dans le conflit militaire qui oppose la RD Congo et le Rwanda. Entrevue réalisée le 1er octobre 2026.
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Je n’ai pas vu l’information passer. Voilà que les autorités rwandaises s’indignent de la réintégration du général Sylvain Ekenge — suspendu pour des propos controversés sur les femmes tutsies rwandaises — au poste de porte‑parole des FARDC. Étonnant, tout de même ! Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe (@onduhungirehe), est même allé jusqu’à qualifier cette décision de « troublante et indécente ». Mais enfin, Monsieur, qui vous autorise à vous immiscer ainsi dans les affaires internes de la #RDC ? Et en matière de probité, êtes-vous vraiment bien placé pour donner des leçons au général Ekenge, au regard des accusations de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide qui visent plusieurs officiers des Forces de défense rwandaises (RDF) depuis le génocide de 1994? Franchement, qui ignore que le général‑président Paul Kagame et ses hommes ont enjambé, au #Rwanda comme en #RDC, des centaines de milliers de cadavres de civils innocents pour assouvir leur soif de sang hutu rwandais et congolais ? Qui ignore que des éléments de l’Armée patriotique rwandaise (APR, ancêtre des RDF) ont méthodiquement éliminé tous les témoins gênants de leurs exactions, tant au Rwanda qu’au Congo ? Monsieur Nduhungirehe, feignez‑vous d’oublier les assassinats des Pères Joaquim Vallmajó (espagnol), Claude Simard et Guy Pinard (canadiens), tous trois exécutés pour avoir vu ce qu’il ne fallait pas voir dans les années 1990 ? Et l’Audiencia Nacional, en 2008, n’a‑t‑elle pas inculpé quarante hauts gradés rwandais pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, pour des faits commis au Rwanda et en RDC ? Le général Karenzi Karake, l’un des officiers visés, n’a-t-il pas occupé un poste de commandement au sein de la MINUAD malgré les graves accusations qui pesaient sur lui ? Et le Rwanda, à l’époque, n’avait‑il pas conditionné le maintien de son contingent de 2 500 soldats au Darfour au renouvellement de son mandat à la tête de cette mission ? Alors, cher Monsieur, un peu de retenue et de décence. Le petit Rwanda est très mal placé pour faire la leçon à la RDC dans l’affaire du général Sylvain Ekenge.
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