Informatique, cybersécurité, #OSINT, #factchecking Fact-checker, Rédacteur & CM @WeGeekOfficiel

Joined July 2013
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Oh, un petit bot du Kremlin sorti tout droit de ses usines Ă  trolls au Cameroun. Profitons-en pour faire de la pĂ©dagogie : Pour ceux qui se demandent comment on les repĂšre, c'est simple : mon post parle de la Russie et de l'Ukraine, ses algorithmes se rĂ©veillent et il pop direct dans mes rĂ©ponses. Ajoutez Ă  ça un profil fantĂŽme (nom "None", pseudo jetable @\Nonebvjc avec caractĂšres alĂ©atoires, pas de photo, créé en aoĂ»t 2026) configurĂ© au Cameroun : c'est la mĂ©thode classique de sous-traitance du Kremlin. Ils font passer leurs robots pour des smartphones locaux en Afrique pour Ă©viter que les systĂšmes de sĂ©curitĂ© de X ne les dĂ©tectent et les bloquent instantanĂ©ment comme faux comptes russes. L'ingĂ©rence et les relais locaux sont documentĂ©s depuis des annĂ©es jusqu'Ă  aujourd'hui : theguardian.com/technology/2
 reuters.com/business/media-t
 connectionivoirienne.net/202
 theintercept.com/2023/08/03/

Si tu veux du contenu gratuit va chez les chaßnes étatique
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🚹 INTOX | Non, Emmanuel Macron ne peut pas « annuler » la prĂ©sidentielle de 2027 pour rester Ă  l'ÉlysĂ©e. Entre fantasmes sur l'article 16 et thĂ©ories de complot, on a vĂ©rifiĂ© texte constitutionnel en main : c'est juridiquement impossible. debunkcafe.fr/intox-macron-a

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Emmanuel Macron pourrait-il annuler la prĂ©sidentielle de 2027 pour rester au pouvoir ? La rumeur circule sur X, entre scĂ©narios d’émeutes, Ă©tat d’urgence et entrĂ©e en guerre. Mais que disent rĂ©ellement les textes ? On a dĂ©cortiquĂ© cette intox. đŸ§”đŸ‘‡
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C'est faux. ❌ L'État avait dĂ©jĂ  communiquĂ© publiquement via le @CERT_FR avant mĂȘme la publication de ce tweet. Les autres institutions gouvernementales ont ensuite pris le relais pour dĂ©tailler le dispositif technique et accompagner le dĂ©ploiement des correctifs : - L'alerte initiale du @CERT_FR (antĂ©rieure Ă  ce tweet) : xitter.cf/CERT_FR/status/2112861
 - Le suivi et les consignes de l'@ANSSI_FR : xitter.cf/ANSSI_FR/status/211290
 - Les explications de la @prefpolice sur la maintenance : xitter.cf/prefpolice/status/2112
 L'État a appliquĂ© les protocoles de sĂ©curitĂ© standards en mettant ses sites en maintenance prĂ©ventive pour les protĂ©ger en attendant les patchs officiels de 16h. Plus de dĂ©tails ici : bfmtv.com/tech/cybersecurite

Dans deux heures, des millions de sites pourront ĂȘtre piratĂ©s. Le service de cybersĂ©curitĂ© pour les institutions de l'đŸ‡ȘđŸ‡ș appelle Ă  en mettre des milliers en quarantaine. CĂŽtĂ© gouvernementđŸ‡«đŸ‡· @ALehenanff ? Aucune annonce, ni communication. Comme partout, ils sont en dessous de tout
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Le gouvernement a publié plusieurs bulletins d'alerte via le CERT-FR suite à l'annonce de la découverte de la faille PHP cert.cyber.gouv.fr/alerte/CERTFR-
 Le sites institutionnels ont été mis en maintenance dÚs le correctif déployé afin d'effectuer la mise à jour franceinfo.fr/internet/secur

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Il y a tellement de choses Ă  dire qui prouvent le contraire, que ça m'aurait prit toute l'annĂ©e. Alors voici une liste non exhaustive par Gemini (cc @AmourskyCyrille) : 1. Violations territoriales et annexions illĂ©gales - Invasion initiale (2014) : Annexion illĂ©gale de la pĂ©ninsule de CrimĂ©e et orchestration d'un soulĂšvement armĂ© dans le Donbass. - Invasion Ă  grande Ă©chelle (2022) : Lancement d'une offensive militaire majeure sur de multiples fronts en fĂ©vrier 2022 dans le but de s'emparer du pays et de renverser le gouvernement de Kiev. - Annexions forcĂ©es (2022) : Revendication illĂ©gale de l'annexion de quatre rĂ©gions ukrainiennes supplĂ©mentaires (Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson) Ă  la suite de rĂ©fĂ©rendums factices tenus sous occupation militaire. 2. Crimes de guerre et atrocitĂ©s contre les civils - Massacres et tortures : DĂ©couverte de centaines de civils exĂ©cutĂ©s sommairement (souvent avec les mains liĂ©es dans le dos) et de preuves de tortures et de viols systĂ©matiques aprĂšs le retrait des troupes russes de villes comme Boutcha et Irpin au printemps 2022. - Frappes dĂ©libĂ©rĂ©es sur des abris : Bombardement ciblĂ© du théùtre de Marioupol (mars 2022) oĂč s'abritaient des centaines de civils, et ce malgrĂ© le mot « ENFANTS » (ДЕбИ) peint en lettres gĂ©antes sur le sol, bien visible du ciel. - DĂ©portations d'enfants : Transfert forcĂ© de milliers d'enfants ukrainiens vers la Russie en vue de leur assimilation. Cette politique a entraĂźnĂ© l'Ă©mission d'un mandat d'arrĂȘt international par la Cour PĂ©nale Internationale (CPI) contre Vladimir Poutine en 2023. 3. Destruction systĂ©matique des infrastructures vitales - Ciblage du rĂ©seau Ă©nergĂ©tique : Campagnes massives de tirs de missiles et de drones durant les hivers successifs, visant spĂ©cifiquement les centrales Ă©lectriques et thermiques pour priver la population de chauffage, d'eau et de lumiĂšre. - Destruction d'hĂŽpitaux et d'Ă©coles : Frappes documentĂ©es sur de multiples infrastructures civiles et mĂ©dicales, allant de la maternitĂ© de Marioupol en 2022 jusqu'Ă  l'hĂŽpital pour enfants Okhmatdyt de Kiev, frappĂ© en plein jour par un missile de croisiĂšre russe en juillet 2024. - Villes rasĂ©es : Villes entiĂšres — telles que Marioupol, Bakhmout, Volnovakha, et AvdiĂŻvka — totalement effacĂ©es de la carte par des mois de pilonnage d'artillerie et de bombes planantes avant leur capture. 4. Écocide et menaces environnementales - Barrage de Kakhovka (Juin 2023) : La destruction du barrage hydroĂ©lectrique a provoquĂ© des inondations catastrophiques dans la rĂ©gion de Kherson, noyant des dizaines de localitĂ©s, dĂ©truisant l'agriculture locale et provoquant un dĂ©sastre Ă©cologique majeur. - Chantage nuclĂ©aire : Occupation et militarisation de la centrale nuclĂ©aire de Zaporijjia (la plus grande d'Europe), utilisĂ©e comme base de tir et exposant le continent Ă  un risque permanent d'accident radioactif. - Pollution par les mines : L'Ukraine est devenue l'un des pays les plus minĂ©s au monde. PrĂšs d'un tiers de son territoire est contaminĂ© par des explosifs et des mines, rendant de vastes Ă©tendues de terres agricoles mortelles pour les dĂ©cennies Ă  venir. 5. Crise humanitaire et bilan humain abyssal - Des millions de rĂ©fugiĂ©s : La guerre a dĂ©clenchĂ© la plus grande crise de rĂ©fugiĂ©s en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, forçant plus de 6 millions de personnes Ă  fuir Ă  l'Ă©tranger et causant le dĂ©placement de millions d'autres Ă  l'intĂ©rieur du pays. - Pertes civiles massives : Des dizaines de milliers de morts civiles ont Ă©tĂ© recensĂ©es par les Nations Unies. Les chiffres rĂ©els sont estimĂ©s ĂȘtre beaucoup plus Ă©levĂ©s ; Ă  Marioupol seule, les estimations indĂ©pendantes font Ă©tat de plus de 25 000 morts civils restĂ©s sous les dĂ©combres ou enterrĂ©s dans des fosses communes.
❗ [ đŸ‡ș🇩 UKRAINE | đŸ‡·đŸ‡ș RUSSIE ] 🔾 « Franchement, la Russie s’est plutĂŽt bien comportĂ©e avec l’Ukraine. Elle n’a pas fait grand-chose. » - Donald Trump
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Là encore, image générée par IA. Cette fois-ci, c'est Gemini qui reconnait son watermark "SynthID". Contrairement à OpenAI qui propose une page dédiée à la détection, avec Gemini, c'est intégré. Il suffit d'envoyer l'image et de demander si c'est généré par lui. Simple, efficace. Plus d'infos : support.google.com/gemini/an

🔮L'Ambassade de la CĂŽte d'Ivoire🇹🇼 en FranceđŸ‡«đŸ‡· Ă  Ă©tĂ© in*cen*dier par les manifestants. Si tu ne crois pas va Ă  l'info et reviens confirmer ou infirmer. @MONOOPINION , @Abidjanpost225 , @Ivoirowsky , @lsiafrica , @NCI_Television , un Ă©tudiant dĂźt que la FranceđŸ‡«đŸ‡· finance 1/2
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42 dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont rĂ©cemment refusĂ© de dĂ©clarer la Douma russe illĂ©gitime. Pourquoi ? @InsiderEng vient de sortir une trĂšs grosse enquĂȘte sur les Ă©lus de l'UE qui continuent de frĂ©quenter Moscou comme si de rien n'Ă©tait. C'est assez dingue. Les chiffres parlent d'eux-mĂȘmes. Depuis l'annexion de la CrimĂ©e en 2014, un eurodĂ©putĂ© sur dix a fait le voyage en Russie. Parmi le Parlement actuel, au moins une vingtaine affichent ouvertement leur soutien au Kremlin. CĂŽtĂ© français, on retrouve Ă©videmment Thierry Mariani. DĂ©jĂ  ciblĂ© par des enquĂȘtes pour corruption liĂ©es au Dialogue Franco-Russe, de nouvelles fuites montrent que son voyage pour le Mondial 2018 a Ă©tĂ© gĂ©rĂ© par l'Ă©quipe de Konstantin Malofeev, un oligarque qui gĂšre des rĂ©seaux d'influence Ă©trangĂšre pour Moscou. On y croise aussi une autre Française, Virginie Joron. Elle s'est carrĂ©ment rendue en CrimĂ©e annexĂ©e pour lĂ©gitimer le vote constitutionnel de 2020 permettant Ă  Poutine de se maintenir au pouvoir. Elle a mĂȘme trouvĂ© le moyen de justifier publiquement l'arrestation d'Alexei Navalny. Mais il y a plus grave que le simple lobbying. Le Slovaque ÄœuboĆĄ Blaha, par exemple, a rencontrĂ© SergueĂŻ Narychkine en 2025 Ă  Moscou. Pour rappel, Narychkine est tout simplement le patron des services de renseignement extĂ©rieurs russes (SVR). Le rĂ©seau tape un peu partout. On y retrouve l'extrĂȘme droite allemande de l'AfD avec des Ă©lus comme Bystron, Buchheit ou Froelich. Ça touche mĂȘme les nouveaux profils atypiques, comme le fameux TikTokeur chypriote fraĂźchement Ă©lu, Fidias, qui s'est rendu au dĂ©filĂ© militaire du 9 mai 2025 Ă  Moscou oĂč il a rencontrĂ© le prĂ©sident de la Douma. Bref, les rĂ©seaux de Poutine au Parlement europĂ©en se portent trĂšs bien. Pour lire toute l'enquĂȘte (en anglais), voir les mĂ©thodes utilisĂ©es et vĂ©rifier qui sont les autres Ă©lus impliquĂ©s, c'est par ici : theins.press/en/inv/298273
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Image générée avec OpenAI, qui détecte son watermark. openai.com/fr-FR/research/ve

L’image du couple de personnes ĂągĂ©es en sous-vĂȘtements, reprise par beaucoup de comptes anglo-saxons, est probablement créée par IA, selon les diffĂ©rents outils testĂ©s. Mais impossible d’en ĂȘtre sĂ»r Ă  100%

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Quelle surprise ! Les propagandistes du Kremlin voient rouge dùs qu’on expose l'origine de leurs chùques. 🙃
FinancĂ©e par le Kremlin, la plateforme « International Reporters » sert d'outil de propagande Ă  la Russie. Elle rĂ©unit des voix internationales chargĂ©es de relayer les rĂ©cits de Moscou pour lĂ©gitimer l'invasion de l'Ukraine et promouvoir sa politique Ă©trangĂšre. rsf.org/fr/russie-internatio

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FinancĂ©e par le Kremlin, la plateforme « International Reporters » sert d'outil de propagande Ă  la Russie. Elle rĂ©unit des voix internationales chargĂ©es de relayer les rĂ©cits de Moscou pour lĂ©gitimer l'invasion de l'Ukraine et promouvoir sa politique Ă©trangĂšre. rsf.org/fr/russie-internatio

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Tweet supprimĂ© de SirĂšnes (Lucas Mignorance, alias Lucas Wozniak), dans lequel il traite l’influenceuse Sonia Bellina de « pute ». Et aprĂšs ça, ce compte se prĂ©sente encore comme un compte « d’information ».
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Coup dur pour les parents qui espĂ©raient que le Conseil constitutionnel confisque l’iPhone qu’ils ont payĂ© Ă  leur gosse de 11 ans. Va falloir tester une mĂ©thode radicale : dire « non » et couper le Wi-Fi. Courage dans cette terrible Ă©preuve d'autoritĂ© parentale.
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Coup dur pour les parents qui espĂ©raient que le Conseil constitutionnel confisque l’iPhone qu’ils ont payĂ© Ă  leur gosse de 11 ans. Va falloir tester une mĂ©thode radicale : dire « non » et couper le Wi-Fi. Courage dans cette terrible Ă©preuve d'autoritĂ© parentale.
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Traiter les libertĂ©s publiques de « prĂ©tendues » et vouloir contourner les contre-pouvoirs au nom de l’urgence : c'est le brĂ©viaire classique des rĂ©gimes illibĂ©raux. Quand la droite rĂ©publicaine commence Ă  parler comme Viktor OrbĂĄn, le problĂšme dĂ©passe largement les Ă©crans. 1/2
« De quel droit ? » De la Constitution, Mme PĂ©cresse. LittĂ©ralement. L’article 61 prĂ©voit que les lois peuvent ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©es au Conseil constitutionnel avant leur promulgation pour qu’il contrĂŽle leur conformitĂ© Ă  la Constitution. Et l’article 62 prĂ©cise qu’une disposition dĂ©clarĂ©e inconstitutionnelle sur ce fondement « ne peut ĂȘtre promulguĂ©e ni mise en application » et que les dĂ©cisions du Conseil s’imposent aux pouvoirs publics. Donc non, le Conseil constitutionnel ne « s’érige » pas en contre-lĂ©gislateur. Il fait son boulot. Celui que la Constitution lui donne. Demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle la constitutionnalitĂ© d’une loi, c’est quand mĂȘme assez lunaire. Mais le passage le plus inquiĂ©tant est peut-ĂȘtre celui-ci : « au nom de la prĂ©tendue protection de leur "libertĂ©" » La libertĂ© entre guillemets. Et sa protection qualifiĂ©e de « prĂ©tendue ». La libertĂ© d’expression et de communication n’est pourtant pas une lubie de juristes qui empĂȘcherait les responsables politiques de faire ce qu’ils veulent. C’est une libertĂ© constitutionnellement protĂ©gĂ©e. Et oui, Ă©videmment, une libertĂ© peut ĂȘtre limitĂ©e. Mais encore faut-il que la restriction soit nĂ©cessaire, adaptĂ©e et proportionnĂ©e. C’est justement Ă  ça que sert le contrĂŽle de constitutionnalitĂ©. Une libertĂ© fondamentale n’existe pas uniquement les jours oĂč elle ne gĂȘne pas le pouvoir politique. Quand une responsable politique commence Ă  mettre "libertĂ©" entre guillemets et Ă  demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, ce n’est peut-ĂȘtre pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter. Ensuite arrivent les fameux « spĂ©cialistes de l’enfance » qui considĂ©reraient cette interdiction comme « indispensable ». Lesquels ? Parce que « les spĂ©cialistes disent que » n’est pas une dĂ©monstration scientifique qu’une mesure politique prĂ©cise est efficace, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e. Les problĂšmes que vous citez peuvent parfaitement ĂȘtre rĂ©els. Les effets de certains usages des rĂ©seaux sociaux sur la concentration, la santĂ© mentale, l’autonomie de pensĂ©e, les relations sociales ou l’exposition Ă  des contenus violents et inappropriĂ©s ne disparaissent pas parce qu’on critique votre loi. Ce n’est simplement pas la question. Constater l’existence d’un problĂšme ne dĂ©montre pas que l’interdiction gĂ©nĂ©rale que vous dĂ©fendez est la bonne rĂ©ponse. Et qualifier quelque chose d’« urgence de santĂ© publique » ne dispense ni de dĂ©montrer que la mesure choisie fonctionne, ni de respecter la Constitution. L’urgence n’abolit pas l’État de droit. Heureusement. L’Anses a justement menĂ© une expertise fondĂ©e sur l’analyse de plus d’un millier d’études scientifiques. Elle confirme des risques rĂ©els liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux, notamment pour la santĂ© mentale des adolescents. Mais sa rĂ©ponse n’est pas simplement « interdisez tout ». Elle recommande d’agir Ă  la source, notamment sur la conception des plateformes et les mĂ©canismes pensĂ©s pour capter et retenir l’attention des jeunes. Et ce n’est pas une interprĂ©tation sortie de nulle part. Le 21 juillet, au SĂ©nat, Catherine Morin-Desailly parlait elle-mĂȘme de « deux contributions convergentes ». Le Conseil d’État prĂ©conisait un systĂšme graduĂ©, avec une interdiction ciblĂ©e sur les rĂ©seaux jugĂ©s dangereux et une autorisation parentale pour les autres. Elle ajoutait ensuite que l’Anses Ă©tait « allĂ©e dans le mĂȘme sens », en recommandant que les rĂ©seaux conçus de maniĂšre protectrice restent accessibles aux mineurs. Donc le grand consensus des « spĂ©cialistes » selon lequel cette interdiction gĂ©nĂ©rale serait une Ă©vidence scientifique est dĂ©jĂ  beaucoup moins Ă©vident. Mais j’imagine que les spĂ©cialistes sont surtout pratiques quand ils disent ce qu’on voulait entendre. Le Conseil constitutionnel, lui, n’a Ă©videmment pas dĂ©clarĂ© : « Tant pis pour la santĂ© mentale des enfants, vive la libertĂ© ». Il reconnaĂźt l’objectif de protection des mineurs. Il juge simplement qu’on ne peut pas leur interdire de façon gĂ©nĂ©rale l’accĂšs Ă  une multitude de services sans tenir compte de leur situation ni des risques propres Ă  chacun de ces services, y compris lorsque ces risques ne sont pas Ă©tablis. Et il y avait un autre petit problĂšme. Pour que la mesure fonctionne, toute personne, mĂȘme majeure, aurait dĂ» faire la preuve de son Ăąge pour accĂ©der aux services concernĂ©s. Tout le monde. Or la loi n’encadrait pas suffisamment les conditions et les limites de cette preuve d’ñge pour garantir le respect de la vie privĂ©e. Donc, en français courant : on voulait imposer une preuve d’ñge Ă  tous les utilisateurs concernĂ©s, adultes compris, sans avoir correctement fixĂ© dans la loi les garanties entourant le systĂšme. Formidable idĂ©e. PrĂ©cision importante quand mĂȘme : le texte ne disait pas que chaque Français devrait obligatoirement envoyer sa carte d’identitĂ©. Il ne disait pas non plus que la vĂ©rification reposerait forcĂ©ment sur l’adresse IP. C’est justement l’une des faiblesses du texte : les modalitĂ©s Ă©taient insuffisamment encadrĂ©es. Et quand on impose un contrĂŽle gĂ©nĂ©ralisĂ© sans verrouiller prĂ©cisĂ©ment ses limites, c’est lĂ  que commencent les dĂ©rives. Et puisqu’on nous prĂ©sente cette interdiction comme une Ă©vidence, regardons le pays qui l’expĂ©rimente dĂ©jĂ  Ă  grande Ă©chelle : l’Australie. LĂ  encore, Ă©vitons la caricature. L’Australie ne se contente pas juridiquement d’un bouton « j’ai 16 ans ». Les plateformes doivent prendre des mesures raisonnables pour empĂȘcher les moins de 16 ans de crĂ©er ou de conserver un compte, et eSafety prĂ©cise que l’ñge simplement dĂ©clarĂ© par l’utilisateur ne suffit pas Ă  lui seul. La mesure a eu un effet rĂ©el : les plateformes avaient restreint ou supprimĂ© l’accĂšs Ă  environ 4,7 millions de comptes attribuĂ©s Ă  des moins de 16 ans au dĂ©but de son application. Ce sont bien des comptes, pas 4,7 millions d’enfants. TrĂšs bien. Sauf que trois mois plus tard, l’évaluation officielle d’eSafety montre que la proportion des 10-15 ans interrogĂ©s possĂ©dant encore au moins un compte sur une plateforme concernĂ©e n’était passĂ©e que de 52,4 % Ă  42,1 %. Et 81,5 % dĂ©claraient encore avoir utilisĂ© au moins une plateforme soumise Ă  la restriction au cours des quatre semaines prĂ©cĂ©dentes, contre 85,9 % avant son entrĂ©e en vigueur. Ça ne veut pas dire que 81,5 % avaient leur propre compte. Certaines plateformes restent accessibles sans connexion et un jeune peut aussi utiliser le compte de quelqu’un d’autre. eSafety le prĂ©cise lui-mĂȘme. Mais pour une mesure censĂ©e Ă©loigner les moins de 16 ans des rĂ©seaux sociaux, ça calme quand mĂȘme un peu le triomphalisme. Et lĂ , on arrive aux contournements. Parmi les jeunes qui avaient encore au moins un compte, 50,2 % disaient que la plateforme ne leur avait mĂȘme pas demandĂ© de confirmer leur Ăąge. 37,1 % avaient simplement indiquĂ© 16 ans ou plus sur leur compte. 18,2 % disaient que le systĂšme s’était trompĂ© sur leur Ăąge. Pour le reste, on trouve du grand banditisme numĂ©rique : maquillage pour tromper l’estimation, piĂšce d’identitĂ© de quelqu’un d’autre, aide des parents, nouveau compte aprĂšs dĂ©sactivation et, oui, VPN. 7,4 % dĂ©claraient avoir utilisĂ© un VPN. C’est le chiffre du tableau 4 du rapport eSafety, sur les 357 jeunes de 10 Ă  15 ans qui dĂ©tenaient encore au moins un compte lors du suivi Ă  trois mois. VoilĂ  donc la terrible cyberarmĂ©e adolescente contre laquelle il faut sauver la RĂ©publique : des gamins qui mentent sur leur date de naissance, recrĂ©ent un compte, empruntent une piĂšce d’identitĂ© ou installent un VPN. Qui aurait pu prĂ©voir ? Le rapport explique d’ailleurs que les contournements plus Ă©laborĂ©s, comme le VPN, Ă©taient moins frĂ©quents et avance une raison assez simple : les barriĂšres Ă©taient encore tellement faibles que beaucoup de jeunes n’avaient pas besoin d’aller jusque-lĂ . La principale cause du maintien des comptes Ă©tait justement la mauvaise mise en Ɠuvre du contrĂŽle d’ñge par les plateformes. Vous parliez de « dĂ©connexion du rĂ©el ». Le rĂ©el, justement, ce sont aussi ces chiffres australiens. Des comptes supprimĂ©s, oui. Mais encore 42,1 % des 10-15 ans interrogĂ©s avec au moins un compte trois mois plus tard, 81,5 % utilisant toujours au moins une plateforme concernĂ©e, et des contournements allant de la fausse date de naissance au VPN. Le rĂ©el est parfois assez dĂ©sagrĂ©able quand il refuse de se conformer au slogan politique. Et quand on renforce les barriĂšres, on fait quoi face aux contournements ? Le guide australien donne dĂ©jĂ  un aperçu : adresse IP, informations liĂ©es Ă  l’appareil, dĂ©tection des VPN, cohĂ©rence de la gĂ©olocalisation, changements suspects d’adresse IP et autres signaux techniques peuvent entrer dans l’arsenal utilisĂ© pour dĂ©terminer si un utilisateur est concernĂ© et repĂ©rer les contournements. VoilĂ  le problĂšme du technoflicage : quand un contrĂŽle est contournĂ©, la tentation est d’ajouter une nouvelle couche de contrĂŽle pour empĂȘcher le contournement du contrĂŽle prĂ©cĂ©dent. Je ne vais pas inventer un projet français d’interdiction des VPN. Il n’y en a pas dans ce texte. Mais croire qu’on peut gĂ©nĂ©raliser la vĂ©rification d’ñge sur Internet sans que se posent ensuite les questions des VPN, des adresses IP, de la localisation, des appareils et des techniques permettant de contourner le systĂšme, c’est ĂȘtre sacrĂ©ment naĂŻf. L’Australie est dĂ©jĂ  confrontĂ©e Ă  ces questions. Et puisqu’on aime tant « les spĂ©cialistes », parlons aussi de la CNIL. Elle a Ă©tudiĂ© les principales mĂ©thodes de vĂ©rification d’ñge en ligne. Sa conclusion Ă©tait assez frappante : aucune des solutions qu’elle avait analysĂ©es ne remplissait de maniĂšre satisfaisante les trois exigences de fiabilitĂ©, de couverture de la population et de respect de la vie privĂ©e et de la sĂ©curitĂ©. Les systĂšmes reposant sur un document d’identitĂ© ? Ils peuvent ĂȘtre contournĂ©s en utilisant la piĂšce de quelqu’un d’autre, tout en nĂ©cessitant le traitement d’un justificatif officiel. L’analyse faciale ? Elle est intrusive, comporte une marge d’erreur et ouvre un autre joli dossier : la webcam. La CNIL va jusqu’à mettre en garde contre le risque de captation vidĂ©o et de « chantage Ă  la webcam » lorsqu’un systĂšme d’estimation de l’ñge demande l’accĂšs Ă  la camĂ©ra. Elle estime que ces solutions doivent ĂȘtre certifiĂ©es, passer par un tiers de confiance et, autant que possible, effectuer l’estimation directement sur l’appareil afin de limiter les fuites de donnĂ©es. Donc, pour protĂ©ger les internautes d’un risque en ligne, on banalise potentiellement un nouveau rĂ©flexe : « Un site veut vĂ©rifier votre Ăąge ? Activez votre webcam et montrez votre visage. » Niveau sensibilisation Ă  la cybersĂ©curitĂ©, on a connu des messages lĂ©gĂšrement diffĂ©rents. Et le VPN ? La CNIL explique elle-mĂȘme qu’un simple VPN permettant de se localiser dans un autre pays peut contourner certains dispositifs de vĂ©rification d’ñge. Et elle rappelle dans le mĂȘme temps que les VPN sont aussi des outils essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© des Ă©changes et Ă  la protection contre le traçage. Mais surtout, elle met noir sur blanc en garde contre l’évolution vers un « monde numĂ©rique fermĂ© », oĂč les internautes seraient poussĂ©s vers des espaces authentifiĂ©s afin d’éviter la multiplication des contrĂŽles d’identitĂ© ou d’attributs d’identitĂ©. Une Ă©volution qui, selon elle, prĂ©sente des risques importants pour les droits et libertĂ©s. Tiens donc. Et ce n’est pas une vieille inquiĂ©tude oubliĂ©e dans un rapport de 2022. En juin 2026, les autoritĂ©s de protection des donnĂ©es du G7 ont rappelĂ© qu’une utilisation indiffĂ©renciĂ©e des technologies de vĂ©rification de l’ñge pouvait prĂ©senter des risques importants pour les droits et libertĂ©s individuels. Elles demandent aussi que ces systĂšmes ne permettent pas d’identifier, suivre, profiler ou surveiller les personnes au-delĂ  de ce qui est nĂ©cessaire Ă  la vĂ©rification de l’ñge. Mais j’imagine que ces spĂ©cialistes-lĂ  sont moins pratiques Ă  citer. ProtĂ©ger les mineurs est un objectif lĂ©gitime. Les risques liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux sont rĂ©els. Personne n’a besoin de les nier pour constater qu’une interdiction gĂ©nĂ©rale peut ĂȘtre juridiquement disproportionnĂ©e, techniquement contournable et problĂ©matique pour la vie privĂ©e. « ProtĂ©ger les enfants » n’est pas une formule magique qui transforme automatiquement n’importe quelle mesure en bonne politique publique. Pas plus que le mot « urgence » n’autorise Ă  sauter l’étape oĂč l’on dĂ©montre que la mesure est efficace, nĂ©cessaire, proportionnĂ©e et respectueuse des droits fondamentaux. Et la libertĂ© n’est certainement pas une valeur « prĂ©tendue » qu’on met entre guillemets dĂšs qu’elle devient gĂȘnante. RĂ©ussir, dans le mĂȘme tweet, Ă  mettre "libertĂ©" entre guillemets, Ă  demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, Ă  invoquer vaguement « les spĂ©cialistes » comme si le dĂ©bat Ă©tait clos, Ă  parler de « dĂ©connexion du rĂ©el » tout en prĂ©sentant comme une Ă©vidence une mĂ©thode dont le retour d’expĂ©rience australien montre dĂ©jĂ  de grosses limites pratiques... Oui, « on marche sur la tĂȘte ». Mais ce n’est peut-ĂȘtre vraiment pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
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« De quel droit ? » demande-t-elle pourtant face Ă  la censure du Conseil constitutionnel. RĂ©ponse : les articles 61 et 62 de la Constitution. Balayer ainsi l'État de droit quand on a Ă©tĂ© « professeur de droit constitutionnel » Ă  Sciences Po, c'est un sommet de cynisme. 🩹 2/2
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« De quel droit ? » De la Constitution, Mme PĂ©cresse. LittĂ©ralement. L’article 61 prĂ©voit que les lois peuvent ĂȘtre dĂ©fĂ©rĂ©es au Conseil constitutionnel avant leur promulgation pour qu’il contrĂŽle leur conformitĂ© Ă  la Constitution. Et l’article 62 prĂ©cise qu’une disposition dĂ©clarĂ©e inconstitutionnelle sur ce fondement « ne peut ĂȘtre promulguĂ©e ni mise en application » et que les dĂ©cisions du Conseil s’imposent aux pouvoirs publics. Donc non, le Conseil constitutionnel ne « s’érige » pas en contre-lĂ©gislateur. Il fait son boulot. Celui que la Constitution lui donne. Demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle la constitutionnalitĂ© d’une loi, c’est quand mĂȘme assez lunaire. Mais le passage le plus inquiĂ©tant est peut-ĂȘtre celui-ci : « au nom de la prĂ©tendue protection de leur "libertĂ©" » La libertĂ© entre guillemets. Et sa protection qualifiĂ©e de « prĂ©tendue ». La libertĂ© d’expression et de communication n’est pourtant pas une lubie de juristes qui empĂȘcherait les responsables politiques de faire ce qu’ils veulent. C’est une libertĂ© constitutionnellement protĂ©gĂ©e. Et oui, Ă©videmment, une libertĂ© peut ĂȘtre limitĂ©e. Mais encore faut-il que la restriction soit nĂ©cessaire, adaptĂ©e et proportionnĂ©e. C’est justement Ă  ça que sert le contrĂŽle de constitutionnalitĂ©. Une libertĂ© fondamentale n’existe pas uniquement les jours oĂč elle ne gĂȘne pas le pouvoir politique. Quand une responsable politique commence Ă  mettre "libertĂ©" entre guillemets et Ă  demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, ce n’est peut-ĂȘtre pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter. Ensuite arrivent les fameux « spĂ©cialistes de l’enfance » qui considĂ©reraient cette interdiction comme « indispensable ». Lesquels ? Parce que « les spĂ©cialistes disent que » n’est pas une dĂ©monstration scientifique qu’une mesure politique prĂ©cise est efficace, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e. Les problĂšmes que vous citez peuvent parfaitement ĂȘtre rĂ©els. Les effets de certains usages des rĂ©seaux sociaux sur la concentration, la santĂ© mentale, l’autonomie de pensĂ©e, les relations sociales ou l’exposition Ă  des contenus violents et inappropriĂ©s ne disparaissent pas parce qu’on critique votre loi. Ce n’est simplement pas la question. Constater l’existence d’un problĂšme ne dĂ©montre pas que l’interdiction gĂ©nĂ©rale que vous dĂ©fendez est la bonne rĂ©ponse. Et qualifier quelque chose d’« urgence de santĂ© publique » ne dispense ni de dĂ©montrer que la mesure choisie fonctionne, ni de respecter la Constitution. L’urgence n’abolit pas l’État de droit. Heureusement. L’Anses a justement menĂ© une expertise fondĂ©e sur l’analyse de plus d’un millier d’études scientifiques. Elle confirme des risques rĂ©els liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux, notamment pour la santĂ© mentale des adolescents. Mais sa rĂ©ponse n’est pas simplement « interdisez tout ». Elle recommande d’agir Ă  la source, notamment sur la conception des plateformes et les mĂ©canismes pensĂ©s pour capter et retenir l’attention des jeunes. Et ce n’est pas une interprĂ©tation sortie de nulle part. Le 21 juillet, au SĂ©nat, Catherine Morin-Desailly parlait elle-mĂȘme de « deux contributions convergentes ». Le Conseil d’État prĂ©conisait un systĂšme graduĂ©, avec une interdiction ciblĂ©e sur les rĂ©seaux jugĂ©s dangereux et une autorisation parentale pour les autres. Elle ajoutait ensuite que l’Anses Ă©tait « allĂ©e dans le mĂȘme sens », en recommandant que les rĂ©seaux conçus de maniĂšre protectrice restent accessibles aux mineurs. Donc le grand consensus des « spĂ©cialistes » selon lequel cette interdiction gĂ©nĂ©rale serait une Ă©vidence scientifique est dĂ©jĂ  beaucoup moins Ă©vident. Mais j’imagine que les spĂ©cialistes sont surtout pratiques quand ils disent ce qu’on voulait entendre. Le Conseil constitutionnel, lui, n’a Ă©videmment pas dĂ©clarĂ© : « Tant pis pour la santĂ© mentale des enfants, vive la libertĂ© ». Il reconnaĂźt l’objectif de protection des mineurs. Il juge simplement qu’on ne peut pas leur interdire de façon gĂ©nĂ©rale l’accĂšs Ă  une multitude de services sans tenir compte de leur situation ni des risques propres Ă  chacun de ces services, y compris lorsque ces risques ne sont pas Ă©tablis. Et il y avait un autre petit problĂšme. Pour que la mesure fonctionne, toute personne, mĂȘme majeure, aurait dĂ» faire la preuve de son Ăąge pour accĂ©der aux services concernĂ©s. Tout le monde. Or la loi n’encadrait pas suffisamment les conditions et les limites de cette preuve d’ñge pour garantir le respect de la vie privĂ©e. Donc, en français courant : on voulait imposer une preuve d’ñge Ă  tous les utilisateurs concernĂ©s, adultes compris, sans avoir correctement fixĂ© dans la loi les garanties entourant le systĂšme. Formidable idĂ©e. PrĂ©cision importante quand mĂȘme : le texte ne disait pas que chaque Français devrait obligatoirement envoyer sa carte d’identitĂ©. Il ne disait pas non plus que la vĂ©rification reposerait forcĂ©ment sur l’adresse IP. C’est justement l’une des faiblesses du texte : les modalitĂ©s Ă©taient insuffisamment encadrĂ©es. Et quand on impose un contrĂŽle gĂ©nĂ©ralisĂ© sans verrouiller prĂ©cisĂ©ment ses limites, c’est lĂ  que commencent les dĂ©rives. Et puisqu’on nous prĂ©sente cette interdiction comme une Ă©vidence, regardons le pays qui l’expĂ©rimente dĂ©jĂ  Ă  grande Ă©chelle : l’Australie. LĂ  encore, Ă©vitons la caricature. L’Australie ne se contente pas juridiquement d’un bouton « j’ai 16 ans ». Les plateformes doivent prendre des mesures raisonnables pour empĂȘcher les moins de 16 ans de crĂ©er ou de conserver un compte, et eSafety prĂ©cise que l’ñge simplement dĂ©clarĂ© par l’utilisateur ne suffit pas Ă  lui seul. La mesure a eu un effet rĂ©el : les plateformes avaient restreint ou supprimĂ© l’accĂšs Ă  environ 4,7 millions de comptes attribuĂ©s Ă  des moins de 16 ans au dĂ©but de son application. Ce sont bien des comptes, pas 4,7 millions d’enfants. TrĂšs bien. Sauf que trois mois plus tard, l’évaluation officielle d’eSafety montre que la proportion des 10-15 ans interrogĂ©s possĂ©dant encore au moins un compte sur une plateforme concernĂ©e n’était passĂ©e que de 52,4 % Ă  42,1 %. Et 81,5 % dĂ©claraient encore avoir utilisĂ© au moins une plateforme soumise Ă  la restriction au cours des quatre semaines prĂ©cĂ©dentes, contre 85,9 % avant son entrĂ©e en vigueur. Ça ne veut pas dire que 81,5 % avaient leur propre compte. Certaines plateformes restent accessibles sans connexion et un jeune peut aussi utiliser le compte de quelqu’un d’autre. eSafety le prĂ©cise lui-mĂȘme. Mais pour une mesure censĂ©e Ă©loigner les moins de 16 ans des rĂ©seaux sociaux, ça calme quand mĂȘme un peu le triomphalisme. Et lĂ , on arrive aux contournements. Parmi les jeunes qui avaient encore au moins un compte, 50,2 % disaient que la plateforme ne leur avait mĂȘme pas demandĂ© de confirmer leur Ăąge. 37,1 % avaient simplement indiquĂ© 16 ans ou plus sur leur compte. 18,2 % disaient que le systĂšme s’était trompĂ© sur leur Ăąge. Pour le reste, on trouve du grand banditisme numĂ©rique : maquillage pour tromper l’estimation, piĂšce d’identitĂ© de quelqu’un d’autre, aide des parents, nouveau compte aprĂšs dĂ©sactivation et, oui, VPN. 7,4 % dĂ©claraient avoir utilisĂ© un VPN. C’est le chiffre du tableau 4 du rapport eSafety, sur les 357 jeunes de 10 Ă  15 ans qui dĂ©tenaient encore au moins un compte lors du suivi Ă  trois mois. VoilĂ  donc la terrible cyberarmĂ©e adolescente contre laquelle il faut sauver la RĂ©publique : des gamins qui mentent sur leur date de naissance, recrĂ©ent un compte, empruntent une piĂšce d’identitĂ© ou installent un VPN. Qui aurait pu prĂ©voir ? Le rapport explique d’ailleurs que les contournements plus Ă©laborĂ©s, comme le VPN, Ă©taient moins frĂ©quents et avance une raison assez simple : les barriĂšres Ă©taient encore tellement faibles que beaucoup de jeunes n’avaient pas besoin d’aller jusque-lĂ . La principale cause du maintien des comptes Ă©tait justement la mauvaise mise en Ɠuvre du contrĂŽle d’ñge par les plateformes. Vous parliez de « dĂ©connexion du rĂ©el ». Le rĂ©el, justement, ce sont aussi ces chiffres australiens. Des comptes supprimĂ©s, oui. Mais encore 42,1 % des 10-15 ans interrogĂ©s avec au moins un compte trois mois plus tard, 81,5 % utilisant toujours au moins une plateforme concernĂ©e, et des contournements allant de la fausse date de naissance au VPN. Le rĂ©el est parfois assez dĂ©sagrĂ©able quand il refuse de se conformer au slogan politique. Et quand on renforce les barriĂšres, on fait quoi face aux contournements ? Le guide australien donne dĂ©jĂ  un aperçu : adresse IP, informations liĂ©es Ă  l’appareil, dĂ©tection des VPN, cohĂ©rence de la gĂ©olocalisation, changements suspects d’adresse IP et autres signaux techniques peuvent entrer dans l’arsenal utilisĂ© pour dĂ©terminer si un utilisateur est concernĂ© et repĂ©rer les contournements. VoilĂ  le problĂšme du technoflicage : quand un contrĂŽle est contournĂ©, la tentation est d’ajouter une nouvelle couche de contrĂŽle pour empĂȘcher le contournement du contrĂŽle prĂ©cĂ©dent. Je ne vais pas inventer un projet français d’interdiction des VPN. Il n’y en a pas dans ce texte. Mais croire qu’on peut gĂ©nĂ©raliser la vĂ©rification d’ñge sur Internet sans que se posent ensuite les questions des VPN, des adresses IP, de la localisation, des appareils et des techniques permettant de contourner le systĂšme, c’est ĂȘtre sacrĂ©ment naĂŻf. L’Australie est dĂ©jĂ  confrontĂ©e Ă  ces questions. Et puisqu’on aime tant « les spĂ©cialistes », parlons aussi de la CNIL. Elle a Ă©tudiĂ© les principales mĂ©thodes de vĂ©rification d’ñge en ligne. Sa conclusion Ă©tait assez frappante : aucune des solutions qu’elle avait analysĂ©es ne remplissait de maniĂšre satisfaisante les trois exigences de fiabilitĂ©, de couverture de la population et de respect de la vie privĂ©e et de la sĂ©curitĂ©. Les systĂšmes reposant sur un document d’identitĂ© ? Ils peuvent ĂȘtre contournĂ©s en utilisant la piĂšce de quelqu’un d’autre, tout en nĂ©cessitant le traitement d’un justificatif officiel. L’analyse faciale ? Elle est intrusive, comporte une marge d’erreur et ouvre un autre joli dossier : la webcam. La CNIL va jusqu’à mettre en garde contre le risque de captation vidĂ©o et de « chantage Ă  la webcam » lorsqu’un systĂšme d’estimation de l’ñge demande l’accĂšs Ă  la camĂ©ra. Elle estime que ces solutions doivent ĂȘtre certifiĂ©es, passer par un tiers de confiance et, autant que possible, effectuer l’estimation directement sur l’appareil afin de limiter les fuites de donnĂ©es. Donc, pour protĂ©ger les internautes d’un risque en ligne, on banalise potentiellement un nouveau rĂ©flexe : « Un site veut vĂ©rifier votre Ăąge ? Activez votre webcam et montrez votre visage. » Niveau sensibilisation Ă  la cybersĂ©curitĂ©, on a connu des messages lĂ©gĂšrement diffĂ©rents. Et le VPN ? La CNIL explique elle-mĂȘme qu’un simple VPN permettant de se localiser dans un autre pays peut contourner certains dispositifs de vĂ©rification d’ñge. Et elle rappelle dans le mĂȘme temps que les VPN sont aussi des outils essentiels Ă  la sĂ©curitĂ© des Ă©changes et Ă  la protection contre le traçage. Mais surtout, elle met noir sur blanc en garde contre l’évolution vers un « monde numĂ©rique fermĂ© », oĂč les internautes seraient poussĂ©s vers des espaces authentifiĂ©s afin d’éviter la multiplication des contrĂŽles d’identitĂ© ou d’attributs d’identitĂ©. Une Ă©volution qui, selon elle, prĂ©sente des risques importants pour les droits et libertĂ©s. Tiens donc. Et ce n’est pas une vieille inquiĂ©tude oubliĂ©e dans un rapport de 2022. En juin 2026, les autoritĂ©s de protection des donnĂ©es du G7 ont rappelĂ© qu’une utilisation indiffĂ©renciĂ©e des technologies de vĂ©rification de l’ñge pouvait prĂ©senter des risques importants pour les droits et libertĂ©s individuels. Elles demandent aussi que ces systĂšmes ne permettent pas d’identifier, suivre, profiler ou surveiller les personnes au-delĂ  de ce qui est nĂ©cessaire Ă  la vĂ©rification de l’ñge. Mais j’imagine que ces spĂ©cialistes-lĂ  sont moins pratiques Ă  citer. ProtĂ©ger les mineurs est un objectif lĂ©gitime. Les risques liĂ©s aux rĂ©seaux sociaux sont rĂ©els. Personne n’a besoin de les nier pour constater qu’une interdiction gĂ©nĂ©rale peut ĂȘtre juridiquement disproportionnĂ©e, techniquement contournable et problĂ©matique pour la vie privĂ©e. « ProtĂ©ger les enfants » n’est pas une formule magique qui transforme automatiquement n’importe quelle mesure en bonne politique publique. Pas plus que le mot « urgence » n’autorise Ă  sauter l’étape oĂč l’on dĂ©montre que la mesure est efficace, nĂ©cessaire, proportionnĂ©e et respectueuse des droits fondamentaux. Et la libertĂ© n’est certainement pas une valeur « prĂ©tendue » qu’on met entre guillemets dĂšs qu’elle devient gĂȘnante. RĂ©ussir, dans le mĂȘme tweet, Ă  mettre "libertĂ©" entre guillemets, Ă  demander « de quel droit ? » le Conseil constitutionnel contrĂŽle une loi, Ă  invoquer vaguement « les spĂ©cialistes » comme si le dĂ©bat Ă©tait clos, Ă  parler de « dĂ©connexion du rĂ©el » tout en prĂ©sentant comme une Ă©vidence une mĂ©thode dont le retour d’expĂ©rience australien montre dĂ©jĂ  de grosses limites pratiques... Oui, « on marche sur la tĂȘte ». Mais ce n’est peut-ĂȘtre vraiment pas le Conseil constitutionnel qui devrait nous inquiĂ©ter.
Encore une fois, le Conseil constitutionnel s’érige en contre-lĂ©gislateur
 De quel droit ? L’interdiction des rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans est une urgence de santĂ© publique considĂ©rĂ©e par les spĂ©cialistes de l’enfance comme une mesure indispensable pour protĂ©ger leur capacitĂ© Ă  se concentrer, Ă  penser par eux-mĂȘmes, Ă  tisser de vraies relations humaines, mais aussi pour limiter leur exposition Ă  des contenus violents et inappropriĂ©s. Censurer une loi urgente pour la santĂ© mentale de nos jeunes au nom de la prĂ©tendue protection de leur « libertĂ© », quelle dĂ©connexion du rĂ©el ! On marche sur la tĂȘte.
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Les arts. 61, 61-1 et 62 de la Constitution chargent le Conseil constitutionnel de contrÎler la conformité des lois aux droits et libertés constitutionnels. legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTE
 L'inconstitutionnalité est entre autres prononcée pour violation du droit au respect de la vie privée des majeurs. conseil-constitutionnel.fr/actualites/com

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Polyum đŸŽâ€â˜ ïž retweeted
Au @JDD, c'est visiblement journĂ©e portes ouvertes pour la communication du Kremlin. AprĂšs Xenia Fedorova, voilĂ  Iuliia Mendel, nouvelle Ă©gĂ©rie du JDD. À ce rythme, le service communication du Kremlin pourrait finir par demander des droits d'auteur. Le JDD confond libertĂ© d'opinion et relais de la communication d'un pays hostile.
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Polyum đŸŽâ€â˜ ïž retweeted
Faites opposition pour vous et votre famille ici. Juste un nom, prĂ©nom et date de naissance. đŸ‘‡đŸŒ doctolib.fr/privacy-settings
⚕ La plateforme mĂ©dicale Doctolib va collecter des millions de donnĂ©es de santĂ© dans le cadre d’un nouveau projet d’intelligence artificielle lancĂ© aujourd’hui. 50 millions d’utilisateurs sont concernĂ©s. Vous pouvez vous y opposer, mais il faut agir vite ! #LE20H
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