CTO @plume_app : Ruby on Rails, JS, OSS contributor: https://xitter.cf/t.co/BnzORnWN7O & https://xitter.cf/t.co/PDHHQmjpN6

Bordeaux, France
Joined March 2010
Je ne crée pas de contenu. Pourquoi je réfléchis à voix haute devant une caméra, et ce que l’IA ne pourra jamais faire à ma place. On me présente souvent comme un créateur de contenu. Parfois comme un youtubeur, ce qui est plus précis sans être plus juste. Et certains jours, quand on veut me faire plaisir ou me vexer, je n’ai jamais très bien su, comme un influenceur. Je souris poliment, je laisse dire, mais je ne me reconnais dans aucune de ces étiquettes. Elles ont toutes le même défaut : elles décrivent ce que je produis, jamais ce qui me pousse à le produire. Elles prennent le résultat pour le point de départ, comme si l’on définissait un vigneron par ses bouteilles plutôt que par la vigne qu’il regarde pousser toute l’année. Moi, je ne commence pas par le contenu. Je commence par une question qui me trotte dans la tête, une intuition qui ne me lâche pas, une colère parfois, une curiosité souvent. Je me vois davantage comme un penseur, un peu rebelle, résolument non-conformiste, du côté de la contre-culture, là où l’on se méfie des consensus trop confortables et des vérités trop bien emballées. Or penser demande du temps, et c’est là mon vrai luxe, que je mesure chaque jour : pouvoir le prendre pour réfléchir à ce qui m’intéresse vraiment, sans grille de programmes, sans algorithme à contenter, sans personne pour me dire ce qui « marche ». Et je m’en rends compte à l’instant, en écrivant ces lignes : transformer cette réflexion en contenu n’a jamais été l’objectif. C’est le moyen, le véhicule, la trace que la pensée laisse derrière elle quand elle se met en marche. Les Américains ont une jolie formule pour ça, « thinking in public », que je traduirais volontiers par penser à voix haute devant tout le monde. Il ne s’agit pas de présenter une pensée achevée, polie, définitive, mais d’accepter de la construire chemin faisant, sous les yeux des autres, sans pudeur, avec ses hésitations, ses détours et ses repentirs. C’est infiniment plus inconfortable que de livrer des certitudes, et infiniment plus honnête. Car je suis convaincu d’une chose : les réseaux sociaux sont devenus, presque à leur insu, le système éducatif décentralisé de notre époque. On n’y vient plus seulement pour tuer le temps, on y vient pour apprendre, pour comprendre, pour se forger un avis. Chacun y partage ses connaissances et ses centres d’intérêt depuis son propre point de vue, avec sa voix, ses obsessions, ses angles morts, et ceux qui se reconnaissent dans une personnalité viennent y puiser de l’inspiration. C’est une école sans programme officiel, sans diplôme et sans inspection académique, une école où l’on choisit ses professeurs non pour leurs titres mais pour leur regard. Une agora désordonnée, parfois bruyante, souvent injuste, mais vivante comme aucune institution ne l’a été depuis longtemps. Dans cette école-là, mes convictions, mes opinions et mes points de vue sont ma priorité absolue. Pas l’audience, pas la tendance du jour, pas la petite musique de ce qu’il faudrait dire pour plaire. Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec moi, et ce n’est pas bien grave : personne ne vous le demande. Il est d’ailleurs tout à fait possible que je ne sois pas d’accord avec vous non plus ;-) Je ne m’adresse pas non plus aux intellectuels, aux élites ou aux gens de pouvoir. Ils ont leurs tribunes, leurs colloques, leurs plateaux et leurs dîners en ville, ils n’ont pas besoin de moi pour s’entendre parler. Je m’adresse aux gens comme moi : des curieux un peu insolents, allergiques aux discours tout faits, qui préfèrent une idée imparfaite mais sincère à une évidence bien récitée. Je repense souvent à cette conversation avec quelqu’un qui était venu m’expliquer, avec beaucoup d’assurance, que certains sociétaires de Silicon Carne ne méritaient pas leur place, et que lui serait bien plus légitime. Il avait sans doute le CV pour le dire. Je lui ai répondu : « Peut-être. Mais tu ne nous ressembles pas. » Je n’ai jamais trouvé meilleure définition de ce que nous faisons. Silicon Carne n’est pas un concours de légitimité, c’est une bande, une famille d’esprits qui partagent une certaine façon de regarder le monde. La légitimité se décrète dans les institutions, elle se gagne à coups de diplômes et de cooptation. La ressemblance, elle, ne se décrète pas. Elle se reconnaît. Je ne suis pas un influenceur. Les réseaux sociaux ne sont pas pour moi une machine à dopamine, et je ne me satisfais pas de l’éjaculation précoce du like instantané, ce petit frisson qui retombe aussi vite qu’il est venu et qu’il faut aussitôt réclamer à nouveau. J’ai besoin du temps long. Besoin de laisser une idée reposer, de la reprendre, de la retourner dans tous les sens, de la contredire et parfois de l’abandonner. Je ne fais pas davantage de personal branding. Je n’ai aucun produit à vendre, et mon contenu ne nourrit aucun funnel d’acquisition savamment optimisé. Je devrais sans doute y penser, me disent les gens raisonnables, et ils ont peut-être raison, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Je me sens plus proche de l’orfèvre que du marketeur. Le mot est un peu pompeux, je l’admets, mais il dit bien ce que je cherche : façonner lentement un objet à la main plutôt que calculer un taux de conversion. Mon contenu finance ma démarche, et une partie de mon train de vie aussi ;-) Qu’on ne se méprenne pas pour autant. Je ne dis pas qu’il faut bouder l’attention ou regarder l’argent avec mépris. Ce serait une posture aussi fausse que celle que je critique, et assez hypocrite de la part de quelqu’un qui consacre son temps à parler d’économie et de marchés. Je dis qu’il faut changer de perspective. Quand les choses sont bien faites, l’attention et l’argent sont la conséquence naturelle d’un travail de qualité, pas son objectif. Ceux qui courent après les vues finissent tôt ou tard par fabriquer ce que l’algorithme réclame, et par ressembler à tout le monde. Ceux qui courent après une idée finissent, plus lentement mais plus sûrement, par trouver les gens qui l’attendaient. Je dois pourtant être honnête avec vous, sinon tout ce qui précède sonnerait faux. Si je peux me permettre cette liberté, c’est parce que je n’ai pas à me soucier de subvenir à mes besoins. Silicon Carne me fait vivre en partie, mais je n’en dépends pas pour vivre. C’est un privilège, un vrai, et je préfère le dire franchement plutôt que de vous vendre une philosophie du détachement qui ne coûterait rien à celui qui la prêche. Il est facile de mépriser l’argent quand on en a. Je ne le méprise pas, je constate simplement qu’il m’a offert quelque chose de plus précieux que lui : du temps. Ce luxe m’a épargné le piège dans lequel tombent tant d’influenceurs, celui du gain immédiat. Ce piège-là est redoutable parce qu’il ne se présente jamais comme tel. Il commence par une petite concession, un sujet choisi parce qu’il « performe », une opinion adoucie pour ne froisser personne, un partenariat accepté parce qu’il faut bien payer le loyer à la fin du mois. Puis une autre. Et un jour, sans l’avoir décidé, on ne dit plus ce qu’on pense, on dit ce qui marche. J’ai eu la chance d’y échapper, et d’être porté par le temps long plutôt que par la fièvre du court terme. Or sur le temps long, ce ne sont pas les coups d’éclat qui comptent, c’est la constance d’un regard, cette façon singulière de voir le monde qui, à force d’être exercée, finit par devenir une signature. Alors, où est le moat dans tout ça ? C’est la question qu’on me pose le plus souvent, avec une pointe d’inquiétude bienveillante. Je la comprends parfaitement, à l’heure où l’IA produit de la pensée plus vite qu’un coach LinkedIn ne publie un post sur ce que son burn-out lui a appris sur le leadership. Si une machine peut résumer l’actualité, la commenter, en tirer trois leçons et les mettre en forme en dix secondes, que reste-t-il à un homme qui prend le temps de réfléchir devant une caméra ? Ma réponse tient en une phrase : je ne crée pas de contenu, je me crée une conviction. Mon ami Wallerand m’a dit un jour que Silicon Carne était un média de conviction, et je crois qu’il avait vu juste avant moi. Une conviction, c’est une information qu’on transforme en opinion, puis qu’on laisse mûrir patiemment jusqu’à ce qu’elle devienne autre chose : une certitude habitée, éprouvée, qu’on est prêt à défendre. Il en va des convictions comme du jamon ibèrico. N’importe qui peut acheter le cochon, mais personne ne peut accélérer les trois ans de séchage dans la pénombre d’une cave andalouse. L’IA sait produire de l’information à la chaîne, et même des opinions sous vide, impeccablement emballées. Elle ne sait pas faire mûrir un regard à votre place. Parce qu’une conviction, c’est une vision que vous seul pouvez percevoir. Elle a été façonnée par le caractère unique de votre expérience de vie : les pays que vous avez traversés, les échecs qui vous ont appris quelque chose, les gens qui vous ont marqué, les colères qui vous ont construit. Tout le monde en possède une, mais aucune ne ressemble à une autre, et c’est précisément ce qui est génial. Le moat est là, et nulle part ailleurs. On peut copier un format, un ton, un décor, une façon de monter une vidéo. On ne peut pas copier une vie. Silicon Carne n’est au fond que l’emballage. L’écrin qui montre la valeur de ce qu’il contient, sans jamais prétendre être le bijou. Alors je voudrais finir par une invitation. Je ne vous propose pas de devenir youtubeur, influenceur ou créateur de contenu, le monde en compte déjà suffisamment. Je vous invite à créer votre propre écrin, quelle que soit sa forme : une vidéo, un podcast, une newsletter, un fil sur X, ou même un simple carnet que vous ne montrerez à personne. Commencez par capturer vos idées, toutes, y compris les plus bancales, celles qui vous viennent sous la douche ou au détour d’une conversation. Laissez-les reposer. Confrontez-les à celles des autres. Laissez-les devenir des opinions, puis des convictions. Et le jour venu, partagez-les. Vous ne serez pas d’accord avec tout le monde, et tout le monde ne sera pas d’accord avec vous. Tant mieux. C’est exactement comme ça qu’on pense en public.
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Quand la dépense publique engloutit 57 % du PIB, que le travail est parmi les plus taxés de l'OCDE et que l'État n'arrive même plus à assurer ses fonctions régaliennes, il est peut-être temps d'admettre que le système est à bout et qu'il faut en changer. Au fond, la question posée à la France est simple : voulons-nous plus ou moins de libéralisme économique ? LFI est le seul parti à la poser franchement. Je ne partage évidemment pas leur réponse, mais eux, au moins, ont compris où se joue le débat. Un pays s'enrichit en produisant, pas en redistribuant. La France redeviendra une grande nation le jour où elle tournera définitivement le dos au rêve socialiste et mortifère de l'État-providence, où elle se remettra à créer de la richesse et où le travail paiera enfin.
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Replying to @dhh
Campfire compiled with Roundhouse + Spinel runs 5.4 times faster in rps, and consumes 1/12 of memory. No modification needed.
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NOTICE FROM THE RUBY EMBASSY 🛂 Following yesterday's keynote, the holder of passport #0001 (@dhh) is under review for unauthorized travel to Rust. The Sheriff's office is looking into it. 🤠
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J'ai fait un outil web open source, Flamap, qui utilise les données des satellites (Copernicus EFFIS et NASA FIRMS) pour afficher l'évolution des incendies en Gironde et dans les Landes. Il est disponible ici ⬇️ flamap.fr/?carte
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Alerte ! Les États-Unis ont coupé cette nuit au reste du monde l’accès à Fable et à Mythos d’Anthropic, les IA les plus puissantes jamais créées. Au nom de la sécurité nationale. Plus de doute possible : la guerre technologique mondiale est désormais ouverte. Et dans cette guerre, celui qui contrôle la technologie contrôle l'avenir. Mais ici, en France, tout le monde s’en fout : la prochaine présidentielle parlera de réforme des retraites et de taxation des riches. Le réveil de la France et de l’Europe sera brutal.
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just ran Claude Fable 5 over @37signals open source Rails code again extracted all the key insights for writing @dhh-like vanilla Rails into reusable guides and skills just drop it in your skills folder and your AI agent will automatically reference it github.com/marckohlbrugge/37…
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I made Solid Queue fiber-based. Threads need one DB connection each: they can all query concurrently. Fibers share one connection because only one runs at a time. 100 concurrent jobs: threads: 102 db connections fibers: 3 db connections Plus 20% faster on real LLM streaming workloads. PR is up on rails/solid_queue. paolino.me/solid-queue-doesn…
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Just released elixirevents.org/ , and open source events and talks directory for Elixir & BEAM events, conferences, talks, and meetups. The idea is for it to be community sourced and maintained, so welcoming any PR contributions with data and application code improvements. The work @adrienpoly , @marcoroth_ and others have done on RubyEvents was the inspiration for this project, so thank you for that :) #myelixirstatus
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TestProf 1.6.0 is out with the features inspired by our recent work on the Whop's test suite: TPS (tests-per-second) profiler/linter, GC mode for memory prof, improved RSpecDissect output. Use our upgraded docs to learn more: test-prof.evilmartians.io/gu…
Whop's RSpec suite runs in ~2 mins with ~30k examples. Against a real database (actually, three of them)! The secret? TestProf and knowing what you're doing (or your AI generating). P.S. We haven't even started fixturizing FactoryBot yet.
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RubyLLM 1.14 is out! - Tailwind Chat UI generator: run one command, get a beautiful working AI chat app - Rails generators for agents, tools, and schemas - Providers now self-register their config options - Big batch of fixes: Faraday memory bloat, MySQL/MariaDB compat, agent config propagation github.com/crmne/ruby_llm/re…
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Happy New Year! 🎉 2025 was an incredible year for Ruby Events around the world and also for the @rubyevents_org platform! To celebrate, we're releasing RubyEvents Wrapped! A look back at talks, events, speakers, sponsors, and the Ruby community's year.
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Congrats on the new Ruby Website launch, this looks great! Also very happy to see that @rubyevents_org is linked from the landing page! ❤️
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Loved getting a code review from @adrienpoly on the upcoming API for Fizzy alerting me to Rails' built-in authenticate_or_request_with_http_token. Didn't even know we had that! github.com/basecamp/fizzy/pu…
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rubyevents.org/ is my new favorite website to discover ruby conferences 💟 @adrienpoly @marcoroth_
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Herb v0.8 is here! 🚀 The biggest release yet, packed with new language bindings, Linter Autofix support, Linter Fix-on-Save, a new `.herb.yml` config file, formatter improvements, Tailwind Class Sorting integration, and a ton of performance, tooling and LSP improvements! 🌿
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